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Sandrine Parageau

Université de la Sorbonne Nouvelle - Paris III


La satire des sciences dans Observations upon Experimental Philosophy et The Blazing World (1666) de Margaret Cavendish

 


Résumé / Abstract


Entre 1653 et 1668, Margaret Cavendish multiplie les publications de traités de philosophie naturelle, au mépris de ce qui devient vers la fin du XVIIème siècle un topos du théâtre classique : la satire de la femme savante. Cet article propose d’inverser le topos pour montrer comment une femme a pu à son tour faire usage des stratégies langagières de la satire. On montrera que c’est avant tout dans l’opposition au mécanisme renaissant, mais aussi aux théories plus traditionnelles, que s’élabore la pensée scientifique de la duchesse de Newcastle. Car ce que vise la satire de Cavendish, c’est d’abord l’hybris des philosophes de son temps et leur prétention à se faire « comme maîtres et possesseurs de la nature », comme le montrent deux textes complémentaires de 1666, The Blazing World et Observations upon Experimental Philosophy. La critique par Cavendish de l’ensemble de la philosophie naît à la fois de son conservatisme politique – la division du savoir est susceptible de conduire à des factions dans la société civile – et de son scepticisme modéré, selon lequel on ne peut guère parvenir qu’à une vérité probable sur la nature. Enfin, si les techniques de la satire sont largement mises à profit par Cavendish dans sa critique scientifique et sociale, la satura semble aussi constituer le principe même de l’écriture de la duchesse, écriture définie par le désordre et le mélange des genres, au service d’une philosophie naturelle dont l’éclectisme est le principe d’organisation.

Ignoring the satire of learned women, a topos of classical drama at the end of the 17th century, Magaret Cavendish published several treatises of natural philosophy between 1653 and 1668. This article aims at reversing the topos to show how a woman could use the linguistic strategies of satire. Focusing on two complementary treatises of 1666, The Blazing World and Observations upon Experimental Philosophy I try to show that the scientific theories of the duchess of Newcastle are built against renascent mechanism but also against more traditional doctrines. Cavendish’s satire first targets the hybris of conceited contemporary philosophers who intend to become « as masters and possessors of nature ». Cavendish’s criticism of philosophy as a whole stems from her political conservatism – the division of knowledge might lead to factions in the civil society – and from her mitigated scepticism which maintains that man can grasp only a probable truth about nature. Finally, not only does Cavendish make the most of the techniques of satire in her scientific and social criticism, but the concept of satura itself seems to be the very basis of her writing which may be defined by disorder and miscellany, while her natural philosophy is informed by the method of 17th century eclecticism.

L’auteur


Ancienne élève de l’ENS Lettres et Sciences Humaines, agrégée d’anglais, Sandrine Parageau prépare un doctorat d’histoire des idées à Paris III – Sorbonne Nouvelle, sous la direction de Line Cottegnies. Elle travaille sur les femmes et la philosophie en Angleterre au XVIIème siècle à travers l’étude des théories de philosophie naturelle de Margaret Cavendish (1623-1673) et de Anne Conway (1631-1679).



Pour citer l'article :

Sandrine Parageau, « La satire des sciences dans Observations upon Experimental Philosophy et The Blazing World (1666) de Margaret Cavendish », Études Épistémè, 10, 2006. Science et littérature II, Science et littérature (II), p. 75-97.

URL: http://revue.etudes-episteme.org/spip.php?article105


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Études Épistémè,
10, 2006. Science et littérature II

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