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Guillaume Forain

Culture de cour et idéologie : de l’usage de la pastorale dans le masque Pans Anniversarie de Ben Jonson (1621)

 


Résumé / Abstract


Pans Anniversarieis the only instance of a pastoral masque at the court of James I. If we take for granted that it was performed before the French and Spanish ambassadors early in 1621, at the beginning of the Thirty Years’ War, Pan’s Anniversarie takes on an political meaning : it heralds James’ decision not to send any troups to rescue the Protestants on the Continent ; it was used to remind the English that they are not to interfere with foreign policy, which is part of the king’s prerogative. The masque revolves around a contrast between Arcadia (the court) and Boeotia (war-like Protestants), two worlds with their own sets of political and aesthetic values (peace vs. war, pastoral vs. burlesque). James I is Pan, extolled by the Arcadians for « the Musique of his peace. » Pan’s Anniversarie harnesses pastoral to the ideology of an authoritarian monarchical power and makes it the symbol of a new court culture, severed from its popular roots and allegedly mirroring the court’s unity. In this, it appears as a forerunner of Carolean court culture, although Jonson seems to anticipate the political risks of such an exclusive form of art.
Pans Anniversarie inaugure un renouveau de la pastorale dans la culture de cour anglaise du premier dix-septième siècle. Si un auteur tel que Jonson avait entrepris dès 1603 d’adapter ce registre au « style royal » de Jacques Ier, et si ce dernier s’était érigé en défenseur des traditions festives populaires, auxquelles était alors associée la pastorale, son utilisation par ceux qui contestaient le pouvoir en place, ainsi que l’optimisme relatif du début du règne, expliquent qu’elle ait longtemps été absente de la culture de cour jacobéenne. Mais en 1621, le contexte a changé : la neutralité du roi dans la Guerre de Trente Ans dresse contre lui la majorité des Anglais qui, jusqu’au sein de la cour, le pressent d’intervenir militairement sur le continent pour défendre la cause protestante, mise à mal par l’Espagne et le Saint Empire. Vraisemblablement représenté en janvier et février 1621 devant les ambassadeurs de France et d’Espagne, le masque de Jonson se fait l’écho de la position de Jacques Ier : l’Angleterre ne s’engagera pas dans le conflit, et le peuple ne doit pas s’ingérer dans la politique étrangère, dont la conduite appartient au domaine de la prérogative royale.

L’auteur


Élève à l’ENS LSH (Lyon), agrégé d’anglais, Guillaume Forain prépare actuellement une thèse de doctorat sur la politique et l’esthétique des masques de cour de Ben Jonson (1603-1625).



Pour citer l'article :

Guillaume Forain, « Culture de cour et idéologie : de l’usage de la pastorale dans le masque Pans Anniversarie de Ben Jonson (1621) », Études Épistémè, 3, 2003. Pastorale et mélancolie, Pastorale et mélancolie (XVIe - XVIIIe siècles), p. 124-155.

URL: http://revue.etudes-episteme.org/spip.php?article37


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Études Épistémè,
3, 2003. Pastorale et mélancolie

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Pastorale et mélancolie (XVIe - XVIIIe siècles)

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