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Anne-Marie Miller-Blaise

Pastorale et « parodie sacrée » dans la poésie métaphysique. Lecture d’un poème : « In the Holy Nativity » de Richard Crashaw

 


Résumé / Abstract


Résumé français. « In the Holy Nativity », poème singulier dans la poésie métaphysique religieuse d’avant 1650 par son recours soutenu aux topoï de la littérature pastorale, nous éclaire paradoxalement sur la disparition des motifs hérités des Bucoliques dans la poésie dévotionnelle anglaise d’Alabaster à Crashaw. Par un travail minutieux de conversion des héritages classique et pétrarquiste, l’éternel printemps du locus amoenus se meut en une nuit d’hiver sublimée par la seule présence du Christ, le texte virgilien se fond dans le texte biblique, la voix des pâtres devient le chœur/corps liturgique de l’Église. Autant de transformations qui illustrent le glissement d’une poétique de la nature vers celle du corps, corps du Christ et de l’Église. Il faut attendre que la communauté liturgique et cérémonielle soit démembrée par la guerre civile pour que la nature, spiritualisée cette fois-ci, soit à nouveau de mise et que l’évocation pastorale devienne, chez Vaughan, la source d’un pèlerinage poétique vers le divin.

Résumé anglais. « In the Holy Nativity » stands out against devotional and metaphysical verse prior to 1650 through its sustained use of pastoral topoi. It paradoxally throws light upon the withdrawing of bucolic motives in English religious poetry from Alabaster to Crashaw. Thanks to a minute process of sacred parody, the author substitutes a winter night—which Christ only can sublimate—for the eternal spring of the locus amoenus ; he merges together Virgilian and Biblical texts ; he transmutes the shepherds’ voices into the liturgical choir, or body, of the Church. Such transformations account for a shift away from a poetics of nature to one of the body, that of Christ as well as that of the Church. It is only once the liturgical and ceremonial communauty has been dismembered by the Civil War, that nature becomes congruent again with religious poetry through its spiritualisation, and that pastoral evocation offers the starting point, in Vaughan’s verse, for a pilgrimage of the soul towards the divine.

L’auteur


Agrégée d’anglais et ancienne élève de l’École normale supérieure (Fontenay-Saint-Cloud), Anne-Marie Miller Blaise est ATER à l’université de Versailles-Saint-Quentin. Elle a publié deux articles sur Shakespeare et travaille actuellement, dans le cadre de sa thèse dirigée par Gisèle Venet, sur l’iconoclasme et l’iconicité poétique dans la poésie métaphysique religieuse. Elle est membre du séminaire de recherches Epistémè.



Pour citer l'article :

Anne-Marie Miller-Blaise, « Pastorale et « parodie sacrée » dans la poésie métaphysique. Lecture d’un poème : « In the Holy Nativity » de Richard Crashaw », Études Épistémè, 4, 2003. Pastorale(s) II, Pastorale(s) II : Passages, p. 95-116.

URL: http://revue.etudes-episteme.org/spip.php?article45


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Études Épistémè,
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