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Bertrand Degott

Bonnefoy traducteur : à quoi bon encore des sonnets ?

 


Résumé / Abstract


Depuis 1994, Yves Bonnefoy publie par fragments sa traduction des Sonnets. La forme retenue est irrégulière, puisqu’elle compte entre 14 et 20 vers libres, suivant toutefois une « découpe en toujours et seulement quatre strophes, l’une, la dernière, plus brève ». Dans un article à dominante polémique, on a cherché à comprendre ce choix formel a priori déconcertant, tout en questionnant sa validité.
Dans une première partie intitulée « Shakespeare à l’épreuve du hasard », on présente d’une part la traduction du poète et le sonnet aléatoire qu’elle met en œuvre, et d’autre part l’argumentaire du poéticien : ici comme ailleurs Bonnefoy refuse les séductions de la parole — notamment le wit shakespearien et la forme traditionnelle du sonnet — afin de valoriser le dire du poète.
Dans une seconde partie, à la faveur d’un « détour par l’œuvre de Bonnefoy », poète et traducteur, on étudie ses réticences touchant le Shakespeare des Sonnets, mais aussi concernant la forme sonnet, qu’il n’a cependant pas toujours écartée de manière aussi radicale.
Dans une dernière partie, intitulée « Mes réserves », on montre que cette traduction qui tend à l’expansion tire la poésie du côté de la pensée, du discours. Et l’on se demande alors si en inventant un sonnet aléatoire Bonnefoy résout une véritable question de traduction, si ce n’est pas davantage une façon d’alimenter le puritanisme ambiant en matière de forme, de souscrire au « poétiquement correct ».

Since 1994, Yves Bonnefoy has been publishing his translation of Shakespeare’s Sonnets in installments. He has chosen an irregular form : each poem boasts between 14 and 20 unrhymed lines, although he claims to be always following « a (strict) four-stanza structure, with one, the last one, shorter ». In this polemical essay, the author tries to understand and question this formal choice, which is at first sight disconcerting.
The first section, entitled « Shakespeare submitted to chance », presents Bonnefoy’s translation and its « aleatoric » sonnets. It also presents the arguments with which the poeticist justifies his choice : here as elsewhere, Bonnefoy refuses the seduction of the word — in particular of the Shakespearean wit — in order to focus instead on what the poet means.
The second section takes a look at Bonnefoy’s œuvre (his poetry and translations), and focuses on his reluctance to deal with the Shakespeare of the Sonnets, but also on his distrust of the form of the sonnet, even though he has not always discarded it in such a radical manner.
In a last section, entitled « reservations », the author of the essay shows that this translation tends to be expansive, and leans towards the thought, the discours. By inventing the principle of a aleatoric sonnet, one can wonder if Bonnefoy really solves a problem of translation or if he does not subscribe rather to the contemporary puritanical distrust of form — if he does not yield, in fact, to the « poetically correct ».

L’auteur


Bertrand Degott est maître de conférences à l’IUFM de Franche-Comté et membre de l’équipe de recherche « Poétique des genres et spiritualité ». Il est l’auteur de deux recueils de poésie aux éditions Gallimard (Éboulements et taillis, 1996 ; Le Vent dans la brèche, 1998) et d’un essai sur la ballade après 1850 (« Ballade n’est pas morte. », Annales littéraires de l’Université de Franche-Comté, 1996). Il traduit les Sonnets de Shakespeare.



Pour citer l'article :

Bertrand Degott, « Bonnefoy traducteur : à quoi bon encore des sonnets ? », Études Épistémè, 6, 2004. Le voyage du texte, Les sonnets de Shakespeare, p. 41-57.

URL: http://revue.etudes-episteme.org/spip.php?article55


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