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Lynn Sermin Meskill

‘Aminta, Thou art translated !’ : Deux versions anglaises de l’Aminta du Tasse aux XVIe et XVIIe siècles

 


Résumé / Abstract


L’influence de la littérature italienne des XVe et XVIe siècles sur les poètes anglais joua un rôle dans la constitution d’une littérature nationale en Angleterre. Dans la deuxième moitie du XVIe siècle, la décision de traduire un ouvrage particulier tient moins à une nécessité linguistique qu’à de plus larges considérations littéraires et culturelles. Au nombre de ces motivations, il faut inclure la volonté nationaliste « d’améliorer » les littératures étrangères en important et en « anglicisant » (« Englishing ») ce qu’elles comptent de meilleur. C’est bien ce qui transparaît dans l’Amyntas de Fraunce (1591), où l’auteur pratique une anglicisation du texte italien par l’utilisation d’un lexique anglo-saxon et de poésie allitérative. Fraunce n’hésite pas à modifier le texte de départ en y pratiquant plusieurs ajouts, dont des références à son mécène, la Comtesse de Pembroke. Un passage demeure mystérieux, dans lequel Fraunce décrit comment la Comtesse (la nymphe « Pembrokiana ») tue une « ourse étrangère », qui, avant de mourir, donne naissance à ses oursons, en implorant la nymphe de lui accorder « passage » et « passeport ». On pourrait voir dans cet ajout une allégorisation du processus de traduction comme immigration. La volonté d’angliciser le texte étranger (« forreine ») procède ainsi souvent de la nécessité de s’enrichir et d’étendre sa sphère d’influence en naturalisant l’Autre.

Italian literature of the 15th and 16th centuries played an important role in England’s search for a distinctive national literature. In the second half of the 16th century, the decision to translate an Italian work into English was often due to larger literary and cultural motivations. These foreign literatures were translated in such a manner as to become themselves English works. The Amyntas of Abraham Fraunce is a case in point. The English writer transforms his Italian model into a thoroughly English text by using Anglo-Saxon words and writing in alliterative verse. Fraunce does not hesitate to deviate from his model by adding whole passages not found in the original, such as those referring to his patron, the Countess of Pembroke. One such passage remains obscure in which Fraunce describes how the Countess (the nymph « Pembrokiana ») kills a « forrein bear » , who, at the point of death, gives birth to her cubs, begging the nymph to give them « free passage » since she has already given them their « passport ». One can see in this passage an allegory of translation as immigration. The desire to « English » the « forreine » text was part of a project to enrich the English language by making the Other a denizen of England.

L’auteur


Lynn Sermin Meskill enseigne à l’Université de Paris XIII-IUT. Elle est titulaire d’un PhD de l’Université de Virginie, intitulé « Ben Jonson’s Envious Muse » et a publié plusieurs articles sur la littérature de la Renaissance anglaise de Shakespeare à Milton.



Pour citer l'article :

Lynn Sermin Meskill, « ‘Aminta, Thou art translated !’ : Deux versions anglaises de l’Aminta du Tasse aux XVIe et XVIIe siècles », Études Épistémè, 6, 2004. Le voyage du texte, La réception de l’Aminta du Tasse en France et en Angleterre, p. 72-92.

URL: http://revue.etudes-episteme.org/spip.php?article59


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Études Épistémè,
6, 2004. Le voyage du texte

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Les sonnets de Shakespeare

La réception de l’Aminta du Tasse en France et en Angleterre

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