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Line Cottegnies

Université de Paris III - Sorbonne Nouvelle


Miroir du théâtre : mise en abyme et maniérisme dans The Convent of Pleasure de Margaret Cavendish (1668)

 


Résumé / Abstract


Cet essai entend analyser l’utilisation du trope du théâtre dans le théâtre, ou plus largement, de la « mise en abyme », dans une pièce de Margaret Cavendish (1623-1673), The Convent of Pleasure (1668), où l’on peut lire les derniers feux d’une esthétique que selon la terminologie de G. Mathieu-Castellani et de G. Venet (voir articles dans ce volume) on peut qualifier de « maniériste ». C’est en connaissance de cause que l’on utilise ce terme pour qualifier une pièce aussi tardive dans le siècle, qu’on aurait sans doute plus spontanément qualifié de « baroque ». Mais il s’avère particulièrement éclairant de lire la pièce à la lumière de ce concept critique qui permet de définir un « mode », et on peut en effet y voir un maniérisme tardif, volontiers précieux, qui reprend comme pour un dernier tour de piste le jeu vertigineux sur les conventions et les topoi de l’âge précédent. Comme on le verra, cette pièce marque en effet avec excès l’épuisement d’une certaine esthétique, fondée sur la variation forcenée sur les conventions théâtrales de tout le premier 17e siècle. La pièce, qui ouvre le second et dernier volume dramatique de Cavendish, Playes, Never Before Printed, ne fut jamais jouée. Écrite pendant la guerre civile alors que son auteur est en exil aux Pays-Bas, elle peut se lire comme un véritable palimpseste du théâtre anglais de la première moitié du siècle, qui est convoqué de manière presque frénétique pour se trouver recombiné dans une forme de « patchwork » intertextuel et citationnel, mais qui finit par tourner à vide : le théâtre du ressassement, véritable miroir du théâtre, ne mène qu’à la multiplication de reflets ; la pièce thématise son échec à renouveler la tradition théâtrale dont elle se nourrit, mais se termine paradoxalement sur une célébration toute baroque de l’auteur en gloire.

This essay proposes to study the trope of the play-within-the-play, or more widely the metadramatic devices loosely covered by the term « mise en abyme », in one of Margaret Cavendish’s late plays, The Convent of Pleasure (1668). It will be shown that the play, although late in the century, can be considered as one of the last « Maniériste » plays, according to the very specific definition G. Mathieu-Castellani and G. Venet give to the concept in their seminal articles published in this volume. The term, borrowed from the French critical tradition, refers, among others, to peculiar modalities of imitation and variation and allows us to define precise modes of composition. The author of this essay is conscious of the problem Anglo-saxon critics have with this term, which applies perhaps more fitly to the history of art ; yet she has found it helpful to read Cavendish’s play in the light of this critical notion, as it is a work that is defined by its intertextuality, offering variations on the Shakespearean romantic comedy, the Stuart masque and the pastoral tragi-comedy (among other sources). In fact, The Convent of Pleasure can be read as a dramatic palimpsest, in which Cavendish plays with various generic models and authorities. This essay traces some of these and shows how the work plays with the notions of mimesis and illusion to offer an intertextual « patchwork » that points to the exhaustion of a particular mode. The failure of the utopian female community in the play can be read as emblematic of this impossibility to escape repetition. But the play ends on a glorification of the figure of the author which runs counter to this admission of aesthetic failure.

L’auteur


Line Cottegnies, Professeur à l’Université de Paris 3 – Sorbonne Nouvelle, est l’auteur de L’Eclipse du regard : la poésie anglaise du baroque au classicisme (1625-1660) (Genève : Droz, 1997) et a co-édité un recueil d’articles sur Margaret Cavendish avec Nancy Weitz, Authorial Conquests : Essays on Genre in Margaret Cavendish’s Writings (Fairleigh Dickinson University Press, AUP, 2003). Elle a récemment édité, traduit et annoté Henry VI (1re partie, 2e partie et 3e partie) pour la Bibliothèque de la Pléiade (à paraître). Ses travaux portent sur divers aspects de la littérature du 17e siècle.



Pour citer l'article :

Line Cottegnies, « Miroir du théâtre : mise en abyme et maniérisme dans The Convent of Pleasure de Margaret Cavendish (1668) », Études Épistémè, 9, 2006. Baroque/s et maniérisme/s littéraires, Actes du colloque, p. 269-283.

URL: http://revue.etudes-episteme.org/spip.php?article88


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